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Introduction générale à la documentation

Comment l'information est codée
et enregistrée dans la matière

Du code de la route aux codes sacrés de guérison

Alain Boudet

Dr en Sciences Physiques, Thérapeute psycho-corporel, Enseignant

Résumé: Les communications que nous établissons avec les autres, avec les machines et avec la nature, s'établissent au moyen de codes et de langages dont notre vie quotidienne fournit des exemples très variés: code de la route, codes marins, code à barres, codes numériques, langages gestuels, langages parlés ou écrits, code génétique de l'ADN, etc. Ces codes sont émis et transportés par le support de la lumière, des sons ou des ondes électriques et électro-magnétiques. Leur inscription ou enregistrement dans la matière (papier, argile, pierre, métal, cristaux, particules magnétiques, eau, molécules, etc.) implique une modification ou empreinte de cette matière, jusqu'aux niveaux atomique, électronique et quantique. Notre corps enferme également des mémoires, acquises ou archétypales, bénéfiques ou bloquantes. L'utilisation de codes sacrés (sons, paroles, cristaux, géométrie) est particulièrement recommandée pour nous reconnecter avec nos mémoires cellulaires et favoriser notre développement spirituel.

Contenu de l'article

Compléments disséminés dans l'article


"Marie, lorsque tu arriveras chez moi, frappe à ma porte. Frappe trois coups brefs, puis un silence, puis un coup plus appuyé, comme ceci: Alors je saurai que c'est toi, Marie, et je t'ouvrirai. Sinon, je resterai silencieux et immobile."

Communiquer avec les humains

Pour se faire reconnaitre, Marie emploie un code. Le signal signifie "Marie". En réalité il ne signifie "Marie" que pour son ami. Dans cet exemple, le code choisi est arbitraire et établi selon une convention entre les deux personnes.

Pour communiquer, nous utilisons de nombreux codes, une forme de langage qui porte un sens seulement pour ceux qui le connaissent. Nous sommes tellement habitués à ces codes que souvent, nous les utilisons sans nous en rendre compte. Cet article vise à les rendre plus conscients. Il nous amènera à constater combien la transmission d'informations par codes est un phénomène fondamental et répandu dans tous les aspects de notre vie, y compris au plus profond de notre corps. Voici d'abord des exemples de codes relevés dans notre activité humaine.

Phare

En mer, la nuit, les navigateurs repèrent les côtes par les flashs de lumière des phares. Mais pourquoi pas un projecteur fixe, pourquoi une lumière tournante? Parce qu'elle pulse selon un code qui est propre au phare et qui permet de l'identifier. Selon le rythme de pulsation, le navigateur sait qu'il est à Saint-Malo ou à Oléron. Un exemple de code pourrait être 2 flashs espacés de 3 secondes, suivis d'un moment d'obscurité de 7 secondes, qui se répètent avec régularité. Dans ce cas, le code est véhiculé par la lumière. Dans un texte, tel que celui-ci, on peut toutefois le représenter graphiquement, comme on l'a fait pour le son: code de phare

A l'école maternelle, Laura possède des cahiers qu'elle reconnait parce qu'elle a imprimé un signe de reconnaissance, le dessin stylisé d'un lapin. Elle ne sait pas écrire et n'a pas écrit son nom. Le lapin est le code qui symbolise son nom, connu d'elle, de la maitresse et des autres élèves. Alors que le code de Marie consiste en un ensemble de sons frappés, celui de Laura emprunte un dessin, un graphisme, une forme écrite.

Les électriciens repèrent les fils et leurs fonctions par leurs codes de couleurs (fil de masse vert et jaune, fil de phase rouge, etc.).

Chacun connait le sens de hisser un drapeau blanc en temps de conflit: nous cessons les hostilités, nous n'avons pas l'intention de nous battre.

En temps de conflit également, les membres d'un même groupe communiquent en langage écrit dans un code secret, qui ne doit pas être compris par la partie adverse au cas où elle l'intercepterait (voir annexe II).

Le code de la route

Le code de la route fournit un autre exemple de code graphique. Chaque panneau de signalisation est un signal qui donne une instruction. Mais seuls ceux qui ont appris le code en connaissent le sens. Les graphismes comportent à la fois des dessins suggestifs, mais aussi des codes de couleur. Ainsi, le bleu signifie autorisation ou réservé, et le rouge interdiction.

Il existe d'autres codes réglant la circulation des voitures, tels que les feux tricolores. Ici, pas de graphisme, mais un code de couleurs, associé d'ailleurs à la position de la lampe: le vert en bas, le rouge en haut. Le feu clignotant qui signale que la personne s'apprête à tourner, est quant à lui, associé au véhicule.

Communiquer avec les machines

Les codes précédents sont des moyens de communiquer des informations aux humains. Il existe d'autres codes pour communiquer des instructions aux machines, machines mécaniques, électroniques et ordinateurs. Ils ont été créés pour répondre aux impératifs techniques de fonctionnement de ces machines. Par exemple, le cerveau d'un ordinateur n'a pas la capacité directe de comprendre un caractère écrit, disons la lettre A. Lorsque vous tapez une lettre au clavier, un convertisseur intégré la traduit en code numérique, le seul code que peut traiter le cerveau de l'unité centrale de l'ordinateur (voir annexe III).

Il existe de très nombreuses sortes de codes-machine, qui sont adaptés à chaque type de machine. La généralisation des ordinateurs et de la gestion automatisée en a popularisé certains auprès des passionnés de ces techniques et des consommateurs. Mentionnons les codes numériques des sons et des couleurs (annexe III) et les codes à barres d'identification des produits (annexe IV).

Gestuelle et langages non verbaux

Explorons d'autres types de signaux codés qui nous sont encore plus familiers, destinés aux humains.

Un chef d'orchestre donne ses indications à ses musiciens à l'aide de ses mains et de sa baguette, et par l'expression de son corps. Avec ses mains, il emploie des gestes conventionnels qui sont des codes précis. Lorsqu'il élève la main au démarrage d'un morceau, par exemple, il donne le signal pour que tout le monde commence ensemble. Il y a des signes pour faire arrêter, jouer plus fort, jouer en saccadé, accélérer, ralentir, etc.

Les déficients auditifs emploient une langue des signes. Les amérindiens connaissaient cet usage depuis longtemps. Parlant des langues très différentes d'une tribu à l'autre qu'ils ne comprenaient pas, ils possédaient un langage commun sous forme gestuelle silencieuse.

Dans notre quotidien, nous employons de nombreux codes gestuels, mais nous sommes tellement familiers avec eux que nous ne nous en rendons pas compte. Ils font partie intégrante de notre culture. Nous disons oui en secouant la tête verticalement, et nous disons non en secouant la tête latéralement. Pourquoi? Parce que nous l'avons vu faire par nos parents et les membres de notre entourage. Nous les avons appris par imitation dans notre enfance, et non pas consciemment au cours de leçons. D'autres signes signifient tout va bien, viens ici, va-t-en, etc.

Si nous côtoyons des personnes d'une autre culture, il se peut que certains de nos codes sociaux ne soient pas compris, ni même perçus par ces personnes. Pour certains, roter après le repas est très vulgaire, tandis que dans d'autres cultures, l'absence de rot indique que le mangeur a encore faim. Dans la société occidentale, le bâillement est interprété comme signe d'ennui, tandis que pour le thérapeute énergéticien, il est le signe que le corps se détend et que son énergie s'harmonise.

Écriture des nombres

Les nombres sont d'abord codés par le nom qui leur est attribué en tant qu'élément du langage: un, deux, trois, cent, mille, etc.

Mais pour le commerce et les échanges de valeurs, on les a représentés par des entailles dans du bois, de l'os ou de l'argile, ou par une accumulation de cailloux (en latin calculus, qui a donné calcul. On trouve son sens de caillou dans calcul biliaire).

Système de numération

Pour dénombrer les cailloux lorsqu'ils sont nombreux, il est plus commode de les regrouper par paquets, disons de 5 par exemple. Un paquet de 5 reçoit un nom spécial et peut être représenté par une forme d'entaille différente. De même pour 5 paquets de 5. Là, on a l'embryon d'un système de représentation à base 5. En fait, les noms des nombres ont pour la plupart un rapport direct avec ces paquets: DEUX CENT, c'est 2 paquets de cent.

Il existe ou il a existé de nombreux systèmes de numération, souvent à base 10: sumérien, égyptien, arabe, chinois, indien. Le système maya est à base 20 (figure ci-dessous).

Numération des MayasL'écriture des chiffres

Notre système décimal habituel utilise les 10 chiffres arabes, 0 à 9, transmis par les arabes. On écrit donc les nombres de 0 à 9 avec un seul chiffre, puis, pour écrire le nombre DIX, on est obligé d'employer 2 chiffres: 10.

Ces chiffres nous sont familiers et semblent universels. Mais ils ne correspondent en fait qu'à une époque et à une civilisation. Il n'y a pas si longtemps, on employait les chiffres romains, I pour 1, V pour 5, X pour 10, C pour 100. On les emploie encore puisqu'il est fréquent de lire le XIVe ou le XXIe siècle.

Codage hexadécimal

Le système décimal n'est pas adapté à la machinerie des ordinateurs, qui préfèrent les systèmes hexadécimal et binaire. Le système hexadécimal comporte 16 chiffres, de 0 à 9 puis de A à F. On écrit les nombres avec un seul chiffre jusqu'au nombre QUINZE, qui s'écrit F. SEIZE est donc le premier nombre de deux chiffres et s'écrit 10, soit 1 fois 16 et 0 unités. Ainsi le 65 décimal s'écrit dans le système hexadécimal 41 (soit 4x16 +1).

Codage binaire

De façon analogue, le système binaire dispose seulement de 2 chiffres, 0 et 1. DEUX s'écrit donc 10, TROIS 11, QUATRE 100, CINQ 101, etc.

Chaque chiffre qui compose un nombre, qu'il soit 0 ou 1, est nommé un bit. Ainsi le nombre CINQ 101 s'écrit avec 3 bits. Afin que tous les nombres comportent le même nombre de bits, on ajoute des 0 devant si nécessaire. On peut écrire CINQ avec 5 bits: 00101. On choisit le nombre de bits de codage afin d'être capable d'écrire le nombre le plus grand dont on a besoin dans l'usage envisagé. Avec 2 bits, on ne peux pas dépasser TROIS 11 (2x2-1). Avec 7 bits, on peut aller jusqu'à 127 (2x2x2x2x2x2x2-1 ou 27-1). Avec 10, ce sera 1023 (210-1).

Le système binaire est en relation étroite avec le système hexadécimal, puisque SEIZE, qui vaut 24, s'écrit 10 en hexadécimal et 10000 en binaire.

Entrer en communication avec quelqu'un est parfois régi par des codes stricts qu'il est dangereux d'ignorer, tels qu'offrir un cadeau, attendre que l'autre vienne plutôt que d'avancer vers lui, etc. En général, dans la société occidentale, lorsqu'une femme sourit à un homme, cela signifie qu'elle se sent bien, qu'elle est dans la gaité ou dans la bienveillance, sans rien de plus. Or dans certaines cultures, cela signifie une invitation à une relation sexuelle. Que d'histoires malencontreuses sont survenues à cause de malentendus sur la signification des codes !

Il est donc intéressant de prendre conscience de nos gestes automatiques, de nous rendre compte qu'ils n'ont de sens que pour notre communauté, et de les utiliser seulement à bon escient.

Langages verbaux, langages écrits

Notre langage parlé est un code sonore particulièrement important. Lorsque je vois un arbre et que je veux parler de lui à quelqu'un d'autre, je prononce le mot arbre qui est le code sonore qui désigne cet "objet". Chaque objet est désigné par un mot qui est son code de reconnaissance. Les sentiments sont également exprimés par des mots, de même que les concepts abstraits, les actions, et tout ce que le langage véhicule.

Il existe également des langages sifflés, par exemple chez les anciens basques, mais je n'en connais pas le fonctionnement.

Si je prononce "arbre", vous savez de quoi je parle à condition que vous ayez appris ce mot. C'est le cas si vous appartenez à la communauté francophone qui justement se définit par son code de langage commun, le français, et qui nécessite un apprentissage. Pour d'autres, ce sera tree, Baum, arbol...

Jargons de spécialistes, codes de communauté

A l'intérieur d'une communauté, les mots ne sont pas uniformément employés. Il existe des cercles restreints dans lesquels on emploie des mots qui ne sont pas connus en-dehors, volontairement ou par usage établi. C'est par exemple le cas de certains milieux de spécialistes tels que le monde scientifique, le monde financier, ou le monde de l'informatique. Bien entendu, chaque communauté s'invente ses codes pour communiquer des informations spécifiques entre ses membres. Mais il n'est souvent pas très clair pour cette même communauté si elle désire que ses codes lui soient réservés ou si elle souhaite également être comprise par une plus large majorité.

A titre d'exemple, si vous avez envie de disposer de votre propre site web et que vous cherchez à savoir ce que vous offrent les hébergeurs, vous obtiendrez ce genre d'information: Dépôt de votre domaine; Service DNS; Configuration DNS (MX, FTP, WWW); Sous-domaines illimités; Modifications Whois; Changement de Registar; 1 Compte FTP; e-commerce Free1 Add-on; Redondance réseau; etc, ce qui suppose que vous savez déjà ce qu'est un domaine, à quoi ça sert, et que vous connaissez les rouages et les options des fonctionnements internes des hébergeurs. On pourrait pourtant penser que l'offre est proposée à tout le monde, y compris à des gens simples qui ont des envies, mais pas de connaissances techniques.

Encore plus surprenantes sont les présentations de matériel électronique de masse tels que postes de télé, téléphones portables, ordinateurs, par les vendeurs et les prospectus associés. Ils vous vantent leurs mérites en déclinant toutes les technologies dont ils sont dotés dans un jargon inconnu de la masse, alors qu'on pourrait penser qu'il est dans leur intérêt d'attirer cette clientèle. Peut-être est-ce dans le but d'impressionner? Plus souvent, il semble que ces communautés ne soient plus conscientes que leurs codes parlés ne sont pas connus.

On pourrait citer d'autres exemples dans le domaine scientifique, bancaire et administratif, même si un effort a été fait dans le sens d'une plus grande clarté. Pourtant, il est parfaitement possible de traduire ces fonctions techniques en langage clair, comme je m'efforce de le faire dans les articles scientifiques et psychologiques de ce site (exemple: Créer son premier site web).

Mots de pouvoir

Il peut nous sembler que la représentation d'un objet par un mot soit arbitraire. Pourquoi appelons-nous arbre un arbre? On pourrait tout aussi bien se mettre d'accord pour le désigner par un autre mot, par exemple baum comme les allemands, ou pourquoi pas abe comme les enfants ou tout autre mot s'il est connu de tous. Les mots sont des codes sonores qui résultent de conventions connues de tous les membres de la communauté et qui sont transmis de génération en génération. Toutefois, une communauté évolue, ses conventions aussi et, comme vous le constatez, les mots changent.

Certains d'ailleurs ne se privent pas d'inventer de nouveaux mots, et ont décidé d'appeler teuf la fête, etc. De telles modifications sont assez fréquentes, puisque le langage évolue en empruntant à d'autres langues, en créant de nouveaux mots ou en changeant la prononciation. L'existence en France d'une commission d'experts (l'Académie Française) chargés de fixer les mots et leur orthographe et de les consigner sur un dictionnaire montre bien qu'il y a une part d'arbitraire.

Toutefois, ces experts rendent compte de la façon dont le peuple, les médias et les auteurs littéraires font évoluer le langage de façon intuitive et impulsive. Les mots ne surgissent pas du néant, mais d'une impulsion énergétique. Les mots transmettent une énergie, et ceci à plusieurs niveaux. Au niveau sensoriel, qui nous est le plus accessible dans l'état de notre perception actuelle, on peut remarquer que le mot siffler évoque le son qu'il désigne, de même que gronder. Trancher évoque le coup soudain et caresser la douceur. Le mot transmet une vibration qui est au-delà de l'onde sonore physique, peut-être une harmonique plus subtile. En tout cas, les personnes sensibles ressentent que les mots ont un impact vibratoire, énergétique sur le corps, le nôtre, celui des autres, et que leur emploi n'est pas innocent. Une preuve en sera donnée plus bas.

Du code sonore au code écrit

Dans cet article, je m'exprime à vous par des mots écrits. Le mot sonore est transcrit par l'écriture, qui est un ensemble de codes graphiques. De nombreux systèmes existent pour codifier les mots en formes écrites. Par exemple, par des pictogrammes qui évoquent le sens du mot. Notre écriture utilise des lettres qui représentent les sons, selon les règles de la phonétique propre à notre langage. Puisque les lettres codifient les sons, il est possible de restituer la prononciation d'un mot écrit même si on ne le connait pas. Si j'écris le mot information, vous saurez le prononcer en le voyant, à condition que vous ayez appris à lire, c'est-à-dire que vous ayez appris les codes de l'écriture.

Toutefois, la correspondance entre l'écriture et la phonétique est parfois complexe, car si le son [eu] s'écrit e comme dans petit, il peut aussi s'écrire on comme dans monsieur. De même, le son [g] est écrit c dans le mot seconde. Mais en principe, chacun en a appris le code, qui est une convention d'écriture - un peu tarabiscotée quelquefois.

Un objet ou un concept sont donc représentés par des mots sonores qui sont eux-mêmes représentés par des codes d'écriture. Mais le code sonore peut être court-circuité. On peut représenter un objet, un personnage, par son mot écrit, même si on n'en connait pas la prononciation, ou par un symbole graphique ou un pictogramme.

Les systèmes d'écritures ne rendent pas toutes les caractéristiques des sons. La preuve est que chacun prononce les mêmes mots selon des rythmes, des accentuations, des hauteurs et des intonations bien différentes. Les signes de ponctuations constituent un effort pour insérer quelques-unes des caractéristiques du discours dans l'écriture. C'était sans doute insuffisant pour certains qui ont cherché à y remédier. C'est pourquoi de nombreux systèmes d'écritures de langues ont vu le jour (écritures latine, arabe, cyrillique, chinoise, etc..)

Les codes sonores et tactiles des lettres

Alphabet morse international

Inversement, les lettres écrites peuvent être représentées par des sons, des formes ou des codes gestuels.

Dans le code mis au point par Samuel Morse et son assistant en 1838 pour le télégraphe, chaque lettre et chaque chiffre sont représentés par une suite d'impulsions électriques courtes et longues. La représentation graphique de ces impulsions est montrée sur la figure ci-contre (d'après Wikipedia). On peut aussi les produire en tant que sons, avec une corne ou un sifflet par exemple.

Dans le code mis au point par Louis Braille vers 1830 pour les déficients visuels, chaque lettre et chaque chiffre sont représentés par la combinaison de 1 à 6 points en relief.

Les codes écrits de la musique

neumesNotation musicale en neumes carrés. Manuscrit espagnol
vers 1300
Merci à Wikipedia

On retrouve l'évolution de l'écriture dans les systèmes inventés pour représenter les sons musicaux. De nos jours, les signes inscrits sur la portée indiquent la hauteur et la durée des notes. Si je lis tel signe, je sais qu'il s'agit d'un DO, et je peux le jouer. À condition d'avoir appris ces codes.

Nous sommes familiers avec le code d'écriture musicale de l'Occident moderne, ce qui nous donne l'impression qu'il est universel et qu'il existe depuis toujours. En réalité, le système d'écriture musicale a évolué sans cesse au long des siècles. Le système de noires et de blanches écrites sur 5 lignes est récent. Il a succédé à des écritures sur 4 lignes, comportant des notes carrées ou des neumes courbés (sur l'évolution de la musique, voir L'expression musicale du Moyen-Âge à nos jours et Intonation juste).

Codes de la nature

La nature emploie aussi des codes pour transmettre ses données et ses instructions.

L'exemple le plus célèbre et le code génétique de l'ADN inscrit au coeur des cellules des êtres vivants. Il affiche une suite d'instructions qui commandent le fonctionnement et la croissance des cellules. L'ADN comporte une succession linéaire de blocs de 4 types possibles, les bases azotées. L'ordre dans lequel ces bases azotées se succèdent sur l'ADN constitue le code de fabrication des acides aminés et des protéines responsables du fonctionnement du corps (pour des explications plus détaillées, voir L'ADN et le code génétique).

Les codes génétiques des humains sont identiques dans leur presque totalité, ce qui définit l'espèce humaine. Mais ils différent d'un individu à l'autre sur quelques points, assurant la singularité de chaque individu. Le code génétique est un exemple de code naturel, qui ne repose pas sur une convention de l'esprit humain.

Dans les cellules des corps humains et animaux, sont enregistrés de nombreux autres codes comme nous le verrons plus bas.

Support par ondes et support par matière

Les exemples parcourus précédemment nous montrent que les codes sont transmis au moyen de supports, et que ces supports sont de nature variée. Ce sont soit des ondes (sonores, lumineuses), soit des dessins et écritures sur de la matière (papier, plaques métalliques, écran, ou molécules). Le support est nécessaire pour que le message puisse être inscrit et transmis à son destinataire. Nos sens et nos appareils perçoivent l'information si elle est engrammée ou imprimée sur un support.

Les ondes ont la propriété d'être un support fluide et mobile, qui se déplace et voyage. Si l'on dépose (ou module) un message sur l'onde, il est transmis avec elle. C'est le cas des codes des phares côtiers qui utilisent la lumière comme rayonnement porteur, et du code morse qui est transporté par le son ou l'électricité. C'est aussi le cas des ondes radio ou TV qui transportent les paroles et les images (voir en annexe les détails du transport d'information par les ondes).

Par sa consistance, la matière ne se propage pas aussi facilement que les ondes. Si j'écris une lettre sur une feuille de papier, le message ne sera reçu que si le facteur la porte à domicile. Par contre, elle pourra être lue et relue, car elle est conservée en mémoire sur la feuille. La matière possède l'extraordinaire capacité de pouvoir enregistrer des informations. Pour cela, il faut choisir une matière compacte qui conserve sa forme au moins un certain temps, qui n'est pas fluide et ne se désagrège pas. Examinons ce phénomène en détail.

Mémoires enregistrées dans la matière

Impressions de surface

Lorsque les mots ou graphismes sont tracés sur du papier ou sur toute autre surface, les inscriptions sont déposées au moyen d'encre, de peinture, ou d'une autre matière qui est différente de celle du support. De façon générale, l'écriture n'est perceptible par nos sens ou nos appareils que si elle se distingue du support d'écriture. On écrit par exemple les lettres avec une couleur noire sur du papier blanc. La couleur noire est obtenue par l'emploi d'un pigment, constituant principal de l'encre, déposé sur une autre matière, le papier blanc.

Pierre de rosette

Deux détails de la pierre de Rosette
Le texte de cette pierre, écrit en 3 écritures différentes, permit à Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes
d'après des photos de A. Abbara

Empreintes et gravure

La gravure est un autre procédé pour obtenir un contraste entre le signe et le fond. Plaçons-nous devant une surface de sable plane, sur laquelle nous dessinons des figures avec les doigts. Le dessin est visible parce qu'il est inscrit en creux. C'est la même matière - le sable - qui constitue à la fois le fond et l'écriture. L'écriture se distingue du fond par une modification, un façonnage de la matière.

Toute modification, si elle est durable, produit une empreinte. Une matière élastique comme du caoutchouc ne conserve pas l'empreinte. Une matière déformable comme l'argile la retient. Les matières dures et solides comme le bois ou la pierre se prêtent également à la gravure par prélèvement de matière. C'est ainsi que la matière peut conserver des informations en mémoire.

Quelle merveille de découvrir des textes et graphismes gravés de longue date sur des pierres, des tablettes d'argile ou des parchemins, qui délivrent leurs messages encore maintenant!

Détail de la structure d'un CD

Vue agrandie de la surface d'un CD enregistré. La piste de lecture, de forme spiralée, est composée de cuvettes séparées de plateaux.
Merci à Vulgarisation Informatique

Empreintes binaires - CD

Les empreintes sur le sable ont été réalisées en créant un relief à la surface. Ce principe de relief est utilisé dans de nombreuses technologies modernes telles que l'impression des CD (Compact Disk). Sous quelle forme concrète les images et les sons y sont-ils enregistrés?

Le procédé d'inscription sur CD diffère selon qu'il est réalisé au moyen d'une fabrication industrielle ou avec votre graveur personnel. Un CD est un disque en polycarbonate, un polymère (c'est-à-dire une matière plastique) transparent et résistant, sur lequel est déposée une pellicule d'aluminium capable de réfléchir la lumière du laser (pour des notions sur les polymères, voir Les polymères, structures et propriétés).

Dans le procédé industriel de fabrication, le polycarbonate est tout d'abord moulé par pression sur une matrice plate qui comporte une succession de minuscules cuvettes alignées en spirale (voir figure ci-contre). Le moulage produit les bosses correspondantes, puis on dépose l'aluminium. Au moment de la lecture du disque par un laser, les bosses et les plats réfléchissent la lumière du laser de façon différente et ces changements ou non-changements de réflexion sont aisément transformés en codes numériques binaires.

Binaire signifie que le lecteur ou le capteur sont capables de distinguer deux états opposés de la matière qu'ils palpent: ça change, ça ne change pas; blanc, noir; présence, absence; transparent, opaque; vers le haut, vers le bas; ordonné, désordonné. Ces deux états sont nommés par les chiffres 0 et 1, ce qui permet de représenter les sons par des nombres (codes numériques). La plupart des machines issues de notre technologie moderne, telles que les lecteurs-laser ou les ordinateurs, fonctionnent sur le principe d'un codage numérique binaire (voir encadré Écriture des nombres).

Dans les graveurs CD personnels, la binarité est obtenue, non par des bosses, mais en créant des modifications chimiques à l'intérieur du disque. Plus précisément, par rapport au CD préenregistré, le CD vierge comporte une couche supplémentaire d'un colorant bleuâtre, verdâtre ou jaunâtre, placée entre le polycarbonate et la pellicule d'aluminium parfaitement plane. Lorsque le laser du graveur est dirigé sur ce colorant, celui-ci est brulé et dégage de la chaleur, ce qui change sa nature chimique et distord le polycarbonate et l'aluminium (d'ailleurs, en anglais, on ne dit pas graver, mais bruler -to burn). Au final, on a des zones irradiées succédant à des zones non irradiées, qui réfléchissent la lumière de deux façons différentes.

Empreintes cristallines - CD effaçables

Pour enregistrer des informations sur des CD effaçables et réinscriptibles, c'est encore un autre procédé qui est employé, basé sur le changement de structure (on dit aussi changement de phase) de certaines matières solides, qui peuvent passer d'un état désordonné dit amorphe, à un état cristallin ordonné.

Lorsqu'on chauffe de la matière solide à une température suffisante, elle fond (sauf certaines substances telles que les résines qui se décomposent sans fondre). Ainsi la glace réchauffée se change en eau. La mobilité de la matière fondue est bien plus grande que celle de la matière solide. Dans cet état, on peut facilement influer sur sa structure ou son organisation. Il suffit ensuite de la figer en la refroidissant brusquement pour conserver la mémoire de cette structure modifiée.

Note: La représentation d'une matière figée peut en donner une idée trompeuse. Même figée, la matière n'en conserve pas moins beaucoup de mobilité intérieure, à peine discernable. Les atomes vibrent sur place et les électrons tournent à très grande vitesse (même si selon la physique quantique, les notions d'orbite et de vitesse n'ont plus le même sens qu'à notre échelle).

Dans le disque CD réinscriptible, est insérée une couche d'un alliage métallique composé d’argent et d’indium, ou d’antimoine et de tellure. Lorsque le faisceau laser du graveur chauffe cet alliage au-dessus de 200°C, celui-ci cristallise. Mais s'il est chauffé encore plus, à 600°C, il entre en fusion et prend un état désorganisé dit amorphe. On peut figer cet état amorphe en abaissant brusquement la température. On peut donc à volonté créer des zones cristallisées, qui laissent passer la lumière, et des zones amorphes qui ne la laissent pas passer.

Ce sont donc ces deux états de la matière, organisé et non-organisé, qui transcrivent en code binaire les informations sonores du CD. Il est intéressant de noter que dans ce cas, la modification de la matière se produit dans la masse. On n'enlève pas de matière comme dans la gravure, sa forme extérieure reste la même. Ce sont les atomes qui sont déplacés et réorganisés à l'intérieur de la matière.

Les fabricants cherchent à augmenter la capacité d'enregistrement des CD et DVD en réduisant la taille des zones élémentaires modifiées par l'enregistrement. Cette taille est déterminée à la fois par la sonde qui imprime, donc celle du faisceau laser qui chauffe par exemple, et par la sonde qui lit la zone. Or les ingénieurs sont maintenant capables de réaliser des sondes à l'échelle atomique, dont la pointe sensible possède une surface de quelques atomes seulement, selon la technique de la microscopie en champ proche. Ces atomes communiquent avec la surface imprimée ou lue par émission d'électrons. Toutefois, la modification de la matière à cette échelle atteint une limite de stabilité puisqu'elle est bousculée par la vibration atomique permanente que j'ai mentionnée un peu plus haut à propos de la matière figée.

Enregistrements magnétiques - Disques durs

Enregistrement magnétique

Enregistrement magnétique
Merci à Le web pédagogique

Sur les disques durs des ordinateurs ou les bandes magnétiques (cassettes), les informations sont enregistrées au moyen d'un changement de structure de la matière, mais ce changement est obtenu par un procédé magnétique. La couche magnétique de surface est constituée de particules allongées comme des aiguilles, à base de cobalt. Elles sont magnétisables quand elles sont placées dans un champ magnétique, comme des clous en fer à proximité d'un aimant.

Telles l'aiguille aimantée d'une boussole qui s'oriente vers le nord du champ magnétique terrestre, ces particules aimantées soumises au champ magnétique s'orientent toutes dans le même sens. On obtient donc un état ordonné sur une toute petite zone. Dans les disques durs, le champ magnétique est créé au moyen d'un minuscule électro-aimant (voir figure). On peut de plus orienter les particules dans un sens ou dans l'autre à volonté, vers le "nord" ou vers le "sud", en changeant le sens du courant de l'électro-aimant. On obtient une succession de deux états différents, des zones orientées nord et des zones orientées sud.

Pour lire ces zones, un petit fil électrique sous tension détecte le sens du champ magnétique des particules. Les travaux du physicien français Albert Fert, qui a reçu le prix Nobel de physique 2007, ont contribué à mettre au point des têtes de lecture beaucoup plus sensibles. Grâce à elles, on a pu diminuer la taille de la zone magnétisée, et ainsi augmenter la capacité d'enregistrement du disque.

Empreintes chimiques - Films photographiques et disques holographiques

Les procédés de gravure, de cristallisation et d'orientation magnétique réalisent une empreinte en déplaçant les atomes et en les arrangeant différemment. Il existe d'autres principes de modification de la matière. L'un d'eux consiste à modifier les atomes eux-mêmes par une influence chimique. Le facteur de modification peut être une substance chimique ou des rayonnements tels que la lumière visible, infrarouge ou ultraviolette. Les réactions chimiques déclenchées par la lumière sont appelées photochimie. Ce principe se rapproche des procédés d'écriture évoqués plus haut puisqu'il insère une matière modifiée chimiquement dans la matière existante. En fait, on a déjà eu un aperçu de photochimie plus haut avec la gravure de CD personnels dans lesquels une substance photosensible est transformée par le rayonnement du laser.

Les réactions des molécules qui reçoivent un photon de lumière sont aussi variées que celles des humains vis-à-vis d'un courant d'air. Certaines sont complètement indifférentes. D'autres accueillent ces photons, ce qui les excitent beaucoup. Une molécule excitée peut être conduite à différents types de comportement: elle induit des réactions chimiques avec ses voisines; elle change de forme; elle change de couleur, etc. Vous en connaissez des exemples: Certains verres de lunettes ont la propriété de s'assombrir quand il fait soleil, car ils contiennent des molécules qui changent de couleur de façon réversible. Nos vêtements se décolorent car les teintures sont modifiées. Notre peau bronze car elle produit de la mélanine. Sous l'effet de la lumière, le gaz carbonique dans les feuilles des plantes est transformé en glucides. Ainsi donc certaines substances sensibles sont susceptibles de recevoir les empreintes de la lumière.

C'est par exemple le cas des atomes d'argent qui sont à la base du procédé de photographie argentique. La photographie argentique est la photographie classique, la seule employée avant l'ère de la photographie numérique. Elle utilise des pellicules constituées d'un film plastique sur lequel est étalée une couche de gélatine contenant des cristaux de bromure d'argent en émulsion. Parlons uniquement de photo en noir et blanc. Dans les cristaux, l'atome d'argent est sous forme électrisée positivement Ag+, ce qui signifie concrètement qu'il a cédé un électron (à l'atome de brome voisin). Sous l'effet de la lumière, il récupère cet électron et se transforme en atome neutre Ag. Le cristal noircit. Le révélateur élimine les cristaux qui ne sont pas noircis. Finalement, on a ici aussi une empreinte binaire: cristal modifié et noir, ou cristal non modifié et éliminé. Les nuances de gris sont rendues par la densité localement plus ou moins grande des cristaux restants.

Si la photographie argentique est de moins en moins employée, le principe d'impression de cristaux photosensibles reste à la pointe de la technologie dans son application aux mémoires informatiques. Les images enregistrées sont des pages de données, donc des images affichées sous forme de grille de pixels d'un écran à cristaux liquides, telle que celle que vous voyez probablement sur votre écran (voir plus bas codage numérique des couleurs). Plus exactement, on enregistre l'hologramme de cette page, c'est-à-dire la figure d'interférences qui se produit par combinaison de la lumière du laser d'éclairage et de la lumière émergeant de la page. Cette lumière agit sur des cristaux photosensibles tels que niobiate de lithium ou titanate de baryum, ou certains polymères. C'est le principe du disque holographique polyvalent ou HVD (Holographic Versatil Disc), dont l'usage est encore réservé aux experts. Ces disques comportent une couche de photopolymère et sont enfermés dans une cartouche qui les isolent de la lumière ambiante, comme les pellicules photo.

Empreintes électroniques - Mémoires flash

Au lieu de déplacer ou de modifier chimiquement des atomes, qui sont les constituants matériels de la matière, ceux qui lui donnent sa forme, on peut aussi la modifier en déplaçant des électrons, qui sont les grains d'électricité qui circulent autour des atomes. Certains de ces électrons sont relativement libres, et peuvent se mouvoir d'un atome à l'autre. Un courant électrique est un flot d'électrons qui circulent dans un fil conducteur, typiquement en cuivre, comme dans les installations électriques de nos maisons. Ils circulent parce qu'ils sont aspirés par la tension électrique qui joue le rôle d'une force d'appel. Le plus souvent, ils poursuivent leur périple dans les circuits électriques et s'ils peuvent transporter des signaux (voir en annexe Les ondes électriques), ils ne peuvent pas servir d'empreinte. Car une empreinte est fixe.

Or, il est possible de fixer des électrons, du moins à l'échelle de leur détection, et c'est ce que font les condensateurs ou les piles, dont le rôle est de stocker des électrons. Alors, un condensateur peut jouer le rôle d'un système à deux états, donc d'un code binaire: soit chargé (d'électrons), soit déchargé (vide). Cette technologie est utilisée pour fabriquer la mémoire centrale (ou vive) des ordinateurs, celle qui rassemble momentanément toutes les données nécessaires aux opérations en cours. Les condensateurs sont associés à des transistors qui fonctionnent en tant que commutateurs.

Pour être acceptables dans cette application, condensateurs et transistors doivent avoir des dimensions microscopiques. Ils sont réalisés par la modification chimique locale d'une plaquette de silicium cristallin. Leurs emplacements sont délimités par des masques provisoires en résine selon le procédé de microlithographie (gravure microscopique). La largeur de ces composants façonnés chimiquement dans le silicium atteint une valeur aussi basse que 50 nm (1 nanomètre, c'est un millionième de mm). Actuellement, il est question de remplacer le silicium par des feuillets de carbone (le graphène), ce qui descendrait cette valeur à 10 nm. Pour faire une mémoire de données, il faut associer  des centaines de milliers de ces condensateurs sur la plaquette, chacun ayant le même rôle qu'une bosse ou un plat des CD vus précédemment. Mais alors que les bosses sont définitives, on peut faire basculer instantanément les condensateurs d'un état chargé à un état déchargé et inversement.

Toutefois, contrairement aux CD et disques durs qui archivent les données et les conservent, les condensateurs se déchargent dès qu'on éteint l'ordinateur et la mémoire vive de l'ordinateur se vide de ses données. Or depuis quelques années, une variante de fabrication des transistors permet de bloquer les condensateurs dans leur état de charge, même lorsqu'on coupe l'alimentation. Ce sont les mémoires flash, utilisées comme support de stockage amovible (cartes SD, clés USB, téléphones portables), mais aussi de plus en plus comme mémoire principale ou secondaire (ordinateurs portables).

Mémoires minérales

Les laves et le champ magnétique terrestre

C'est dans un domaine bien différent, un phénomène terrestre tout à fait naturel appelé paléomagnétisme, que nous allons découvrir d'autres enregistrements magnétiques par orientation de grains de matière. Les variations du champ magnétique terrestre au cours des âges sont imprimées dans les roches volcaniques. Les laves contiennent des composants magnétiques, par exemple du fer. Lorsque la lave nouvellement éjectée est encore chaude, ces composants magnétiques sont mobiles et s'orientent dans le sens du champ magnétique terrestre, vers le pôle nord magnétique, comme l'aiguille d'une boussole. Le refroidissement rapide de la lave les fige dans cette position. Or les terrains volcaniques, en particulier dans les fonds sous-marins, sont faits de plusieurs couches de laves qui se sont recouvertes les unes les autres au fur et à mesure des éruptions. Ainsi, l'histoire magnétique de la terre est écrite dans ces couches.

Les scientifiques ont prélevé des colonnes de ces roches à travers les couches successives de toutes les époques. En observant la direction magnétique et en datant les couches, ils ont constaté que le champ magnétique terrestre s'était inversé plusieurs fois depuis 4 millions d'années. La dernière inversion s'est produite il y a 730 000 ans. Or le champ magnétique terrestre actuel est en forte baisse et par comparaison, certains se demandent si on n'assiste pas à une nouvelle inversion (voir Les catastrophes naturelles)

Mémoires des pierres

menhirs d'Avebury
© A. Boudet

Bien des histoires de la Terre, autres que magnétiques, sont inscrites dans ses structures cristallines et atomiques. Ainsi, les scientifiques ont pu y déchiffrer les variations de la température moyenne au cours des âges. Ils ont découvert que c'est la première fois que le réchauffement climatique atteint une telle ampleur.

De tout temps, les peuples de la terre, celtes, amérindiens, aborigènes australiens, tribus africaines, indigènes d'Hawaï ont témoigné et enseigné que des connaissances sont engrammées dans des pierres spécialement consacrées à ce rôle. Certains menhirs et dolmens auraient pour fonction principale de conserver des enregistrements de ces connaissances. Il en est de même de monuments mégalithiques tels que le Sphinx et certaines pyramides, en Égypte ou en Amérique latine. Ces connaissances y auraient été déposées par des civilisations hautement évoluées qui ont disparu ensuite. On raconte qu'il existe d'autres pierres ou rochers dans des lieux tenus secrets, et surveillés au cours des siècles par des gardiens qui se transmettent le secret. Ces pierres ont pour but de conserver des connaissances de très haut niveau dont l'humanité ne peut faire usage actuellement, à cause de son état psychologique infantile (des enfants qui n'arrêtent pas de se disputer !!!), mais qui seront révélées le moment venu.

Empreintes cristallines quantiques

Il n'est pas bien difficile d'avancer des hypothèses d'explication scientifique de la mémoire des pierres, dès lors qu'on a compris que toute modification de la matière constitue une empreinte, y compris les légers réarrangements de molécules ou d'atomes qui se produisent pendant la cristallisation. Tentons quelques suggestions.

Dans la course pour obtenir des gravures de CD sur des zones de plus en plus petites, on a vu que des ingénieurs étudiaient des procédés d'empreintes à l'échelle de l'atome. A cette échelle, on entre de plein pied dans le domaine de la physique quantique, un domaine encore largement incompris et spéculatif, qui fait l'objet d'intenses recherches, et remet en cause beaucoup de notions admises.

Aussi, est-il très probable que des empreintes se trouve logées au coeur de l'atome lui-même, peut-être dans les orbites des électrons. Un atome est composé d'un noyau lourd, autour duquel gravitent un groupe d'électrons sur plusieurs orbites définies, un peu à l'image des orbites planétaires. Or ce sont les orbites électroniques qui déterminent les liens entre atomes, par des forces électriques et magnétiques. Elles interviennent un peu comme si elles étaient les mains ou les bras des atomes, qui leur permettent de se rapprocher, de s'accrocher entre eux, ou de se repousser, etc.

Si on modifie ces liens de façon durable, c'est une empreinte qu'on inscrit dans les atomes. Or en injectant de l'énergie à l'électron d'une orbite, il saute sur une autre orbite. Ou encore, sans que l'électron change d'orbite, celle-ci peut être modifiée. Car il faut considérer que l'atome est immergé dans un environnement d'autres atomes qui influent sur ses orbites. Ainsi deux atomes peuvent mettre en commun leur orbite la plus extérieure. Ou bien encore plusieurs atomes, même en grand nombre, peuvent associer leurs orbites et les modeler.

D'autre part, il faut prendre en compte qu'entre le noyau et les électrons règne le vide, un vide quantique qui n'est pas le néant, mais possède une densité d'énergie, dont les scientifiques étudient les fluctuations. Que nous réservent ces études? Cette densité pourrait-elle être le siège de mémoires? La physique expérimentale traditionnelle est bien mal équipée pour aborder tout cela avec ses machines énormes et chères, un peu comme si on voulait estimer la douceur d'une eau en la touchant avec une pelle mécanique.

En s'avançant dans le domaine quantique et électromagnétique, la science (par exemple Philippe Bobola) redécouvre peu à peu des phénomènes connus des peuples indigènes (le rôle de la pensée, la notion du temps, la multidimensionnalité, etc.). Le chemin rationnel emprunté, nécessaire pour nos contemporains qui ne croient qu'en la science, est bien long et compliqué, et il est compréhensible seulement par des spécialistes. La voix de la connaissance que nous appellerons chamanique, semble plus fine et plus précise. A propos des découvertes de la science, des chamans disent: nous le savons depuis longtemps, mais nous le décrivons avec d'autres mots. Et non seulement ils le savent, mais ils enseignent comment tout le monde peut aller puiser aux sources de cette connaissance. Et ils ajoutent: nous avons toujours désiré partager nos connaissances, mais vous vous êtes montrés arrogants et vous nous avez traités de primitifs superstitieux.

Ces légendes ont-elles une chance d'être vraies? La science officielle refuse la notion de civilisations évoluées qui nous auraient précédés et qui se seraient éteintes. Elle s'accroche au dogme de l'évolution néo-darwinienne, non comme l'avait énoncée Darwin lui-même, mais selon la conception que nous sommes forcément l'aboutissement d'un progrès constant. L'humanité évoluerait par tâtonnements en retenant les pratiques qui réussissent. Réussir, selon cette conception, signifie obtenir un avantage de pouvoir technologique, économique et militaire par rapport aux autres populations. Du coup, nous serions la plus belle réussite de la vie (humm !!!).

Par exemple, un auteur très intéressant, imaginatif et hors normes comme Jared Diamond (Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Gallimard, 2006) reste cependant dans ce cadre de pensée. Cela ne signifie pas que cette dynamique est fausse, mais elle n'est pas la seule et elle risque de ne pas être la principale. Elle ignore délibérément les connaissances qui sont apportées par les rêves et les visions, pratiques pourtant familières à de nombreuses tribus, et à... des scientifiques célèbres pour leurs découvertes. Des découvertes archéologiques de plus en plus nombreuses ne peuvent pas être expliquées dans le cadre de cette théorie et suscitent bien des interrogations aux archéologues.

La science officielle refuse la possibilité que des mémoires soient imprimées dans la pierre, tant qu'elle n'a pas les moyens d'en vérifier les traces dans ses structures atomiques. La science n'admet pas ce qu'elle ne voit pas et ce qu'elle ne peut pas expliquer. Ceux qui acquièrent des connaissances par d'autres voies sont jugés superstitieux. Et pourtant, il est une voie royale et très répandue de la connaissance, c'est notre ressenti, notre perception à travers notre corps, à travers notre intuition, à travers notre inconscient, à travers des états modifiés de conscience. Mais notre éducation matérialiste nous demande de nous méfier de notre ressenti.

Par exemple, dans nos campagnes, on prétend que les murs des maisons ont des oreilles. Ils ont aussi une mémoire et conservent les émanations vibratoires des scènes qui s'y sont déroulées pendant la vie des habitants, conflictuelles, dramatiques ou joyeuses. Pure absurdité? Pourtant, les scientifiques savent bien que la connaissance rationnelle avance en trouvant peu à peu des explications à des phénomènes qui sont observés ou perçus, mais n'entrent pas dans la conception classique et ainsi mettent en cause la théorie admise (voir Étienne Klein, Conversations avec le Sphinx, les paradoxes en physique, Albin Michel, 1991)

Mémoires des cristaux et des crânes

C'est ainsi que des pierres et lieux sacrés recèlent des connaissances anciennes de l'humanité, surveillés par des gardiens. Ils n'ont pas partagé ces secrets aux ethnologues blancs qui refusaient de les prendre au sérieux et les ridiculisaient. Or même les occidentaux changent, et en ces temps actuels de crise écologique et spirituelle, ils commencent à se rendre compte de la valeur de la culture de ces peuples. Leurs connaissances pratiques et respectueuses de la nature nous sont précieuses pour retrouver l'harmonie avec la terre. De leur côté, les chamans amérindiens sont excités parce qu'une de leurs légendes raconte que viendra un temps (et selon les signes, c'est aujourd'hui) où ils auront la mission de divulguer aux blancs les connaissances anciennes qu'ils ont conservées à travers les siècles (voir la légende des indiens hopis dans Catastrophes naturelles), à condition que l'humanité évolue spirituellement et que installe la paix, la solidarité et le partage.

Crâne de cristal Maya
British Museum, Londres

L'une de ces révélations concerne les crânes de cristal mayas, une réalité qui a été représentée de façon romancée dans un des films d'Indiana Jones (S. Spielberg, G. Lucas). Il existe une tradition maya qui rapporte l'existence de cristaux de quartz très purs, taillés en forme de petits crânes, dans lesquels seraient engrammées des connaissances très évoluées sur les origines et le destin de l'humanité. Or, certains de ces crânes ont été retrouvés dans les ruines des civilisations Mayas et Aztèques (voir vidéo Crânes de cristal). Ce n'est pas tout. La tradition énonce qu'il en existe 13 au total et que lorsqu'ils seront tous retrouvés et réunis, cela signifiera que les gens ont suffisamment évolué spirituellement pour être en mesure de recevoir ces connaissances pour le bien-être de la planète, de l'humanité, mais aussi de l'univers entier.

Empreintes liquides et mémoire de l'eau

Des tablettes d'argile aux disques magnétiques et aux cristaux, les supports des mémoires que nous avons examinés sont constitués de matière solide, dont la mise en forme est durable. Les matières liquides comme l'eau ont-elles aussi la capacité d'enregistrer des informations? Les supports mobiles sont capables de recevoir l'impression de codes, comme toute matière déformable ou modifiable. Par exemple, on peut produire une vaguelette sur l'eau par une petite pression. Mais cette vaguelette ne reste pas sur place, elle se déplace. Ainsi, ou bien elle se dissipe assez vite et s'évanouit, ou elle se propage sous forme d'onde (voir en annexe Transport par ondes). Toutefois, à l'échelle atomique et électronique, autrement dit quantique, si le liquide n'est pas trop agité, les liens qui s'établissent entre molécules peuvent perdurer et des informations peuvent être conservées.

De nombreuses observations et recherches ont été rapportées depuis le début du 20e siècle sur la faculté que possède l'eau d'enregistrer des informations et de capter l'ambiance vibratoire de son environnement. Même si certains de ces travaux, considérés séparément, ont pu prêter à controverse sur la méthode employée, une convergence se dégage néanmoins de l'ensemble des résultats. A preuve les déclarations du professeur français Luc Montagnier, à l’origine de la découverte du rétrovirus du sida, prix Nobel de la médecine 2008 "l’information génétique peut-être transmise de l’ADN à quelque chose qui est dans l’eau". "Ceci est un pas de plus dans la science fiction. Je crois que Jacques Benveniste avait beaucoup d’idées très audacieuses. Moi, je suis un peu son tracé".

Ces conclusions scientifiques très courageuses ne sont que des balbutiements par rapport à des pratiques connues depuis toujours sur l'influence de la pensée et des émotions sur l'eau. Par exemple, certaines écoles philosophiques enseignent depuis très longtemps que vous pouvez améliorer votre boisson ou votre nourriture par la prière, c'est-à-dire en émettant une pensée de gratitude. Cela revient à charger l'eau constitutive de l'aliment d'une vibration supplémentaire qu'elle enregistre, et qui est communiquée, tel un code informatif, au corps qui l'absorbe.

Les cristaux d'eau congelée d'Emoto

Empreintes aqueuses quantiques

Dans le passé, j'ai travaillé sur la formation des cristaux dans des polymères fondus (matière plastique) que j'observais au microscope optique (voir Les microstructures des polymères), et j'ai employé une méthode expérimentale de cristallisation similaire à la cristallisation de l'eau.

sphérolites dans du PPS
Cristaux rayonnants formés à partir d'un germe central
dans un polymère fondu. Cliché A. Boudet ©

Extrait de l'ouvrage Voyage au coeur de la matière plastique

Ayant constaté qu'aucun des sites web consacrés aux cristaux de M. Emoto ne donne de description complète sur leur formation, j'ajoute ici quelques explications. Lorsqu'on refroidit de la matière fondue (par exemple un polymère ou de l'eau), des germes de cristaux se forment ici et là dans la masse, d'abord trop petits pour être visibles au microscope. En agissant sur la vitesse de refroidissement, on peut faire en sorte qu'il ne se forme que peu de cristaux afin qu'ils soient éloignés les uns des autres. Puis, si l'on maintient la température à peu près constante, ils se mettent à grandir et deviennent visibles. Ils finissent par se toucher jusqu'à couvrir toute la surface. C'est probablement ce qui se passe dans les observations d'Emoto.

En conséquence, la structure du cristal visible est déjà en puissance dans son germe, donc dans l'eau liquide au moment où il se forme. Donc, l'eau liquide possède déjà l'empreinte de l'influence ou de la pensée. Or on sait que les molécules d'eau sont petites et faites de deux atomes d'hydrogène et d'un atome d'oxygène (H2O). Où peut se loger l'empreinte? Dans les liens entre molécules. Car ces molécules s'associent en groupes plus ou moins durables et plus ou moins organisés, par des liens quantiques électriques. Il existe une très grande variété d'associations possibles de molécules, qui reflètent les caractéristiques et la qualité de l'eau.

Un procédé particulièrement spectaculaire pour démontrer l'influence de la pensée sur l'eau a été fourni par le scientifique japonais Masaru Emoto. Dans un petit récipient, il dépose une goutte de l'eau qu'il envisage d'analyser et la congèle pour la transformer en glace figée. Puis, tout en l'observant au microscope, il la réchauffe doucement. Alors, parfois, il voit se former des cristaux de glace dont les formes sont extrêmement variées. Ces formes sont en rapport avec la qualité de l'eau. Ainsi, les formes des cristaux développés dans l'eau de ville dépendent de leur plus ou moins grande pollution. Elles sont bien différentes de celles des cristaux développés dans des eaux de source.

Cristaux d'eau congeléeMerci à The Spirit of Ma'at

Or, Emoto a eu l'idée de soumettre de l'eau neutre à différentes sortes d'influence avant de la congeler. Dans une série d'expériences, des gouttes sont placées dans une ambiance musicale, et les figures des cristaux qui se forment semblent refléter le genre de la musique (Beethoven, Mozart, danses populaires japonaises, hard rock, etc.). Dans d'autres séries, les gouttes dans leur récipient sont déposées sur une image typique (image de violence ou image de paix). Dans une autre série, on demande à des personnes, isolées ou en groupe, de projeter une pensée ou une émotion déterminée. Chaque fois, la forme des cristaux résultants semble être en rapport avec l'énergie, l'émotion ou le sens de l'influence, musique, image ou pensée.

Dans une autre série, Emoto a collé, sur le récipient, des mots écrits dans différentes langues (merci, idiot, amour, âme, beau, sale, etc.). Mêmes constatations. Comment un simple mot, qui a priori n'a de sens que pour ceux qui l'ont appris et fait partie de leurs codes parlés, peut-il avoir une influence objectivable sur une eau qui n'a pas appris ce langage? Il faut admettre (et pour certains, c'est un ressenti indubitable dans leur corps) que le mot n'a pas seulement un contenu informatif et sémantique. Le mot émet sa vibration propre, en rapport avec son sens. Certains mots ont des vibrations plus nettes, plus puissantes, car ils sont plus chargés que d'autres par l'usage qui en est fait. Cet aspect est plus accentué dans certaines langues que dans d'autres (voir Puissance des mots).

Mémoires du corps

Est-ce parce qu'il est majoritairement composé d'eau que notre corps a la capacité de garder en mémoire tout ce que nous vivons?

Depuis le début du 20e siècle, les courants de la végétothérapie et de la psychologie biodynamique (Wilhelm Reich, Gerda Boyesen et les physiothérapeutes scandinaves) ont montré et décrit que la structure des tissus était modifiée et que des cuirasses se mettaient en place lorsque l'énergie de vie était bloquée par des peurs ou blessures psychologiques. Les cellules, qui à l'origine pulsent et échangent avec leur milieu, se durcissent et ces carapaces réduisent la circulation de l'énergie. La thérapie corporelle (au moyen de certains types de massages profonds) a pour rôle de redonner la fluidité aux tissus. Les thérapeutes psycho-corporels et leurs clients constatent couramment que le traitement fait remonter à la conscience des souvenirs des évènements qui ont affecté la personne. Le corps a enregistré ces souvenirs sous forme d'images, émotions, sons, paroles, pensées, mouvements qui sont restitués pour être transformés et apaisés.

Cela suggère qu'il existe une mémoire cellulaire, y compris dans les os. Cela n'exclue pas un lien neurologique entre ces cellules et le cerveau. Ce champ d'investigation est l'objet de recherches actives aussi bien de la part des thérapeutes praticiens que par la communauté scientifique.

Empreintes biologiques

Dans notre corps, de grosses molécules telles que les protéines jouent un rôle essentiel. Une molécule est faite de l'assemblage d'un grand nombre d'atomes. Les protéines sont constituées de filaments d'acides aminés. Or un filament, tout comme une ficelle, peut être étiré ou plus ou moins recroquevillé sur lui-même, jusqu'à se mettre en pelote. La position qu'il adopte est nommée sa configuration.

Les molécules du corps baignent dans un liquide en majorité constitué d'eau et leur configuration peut varier selon les caractéristiques de cette eau (concentration, température, acidité). Le changement de forme est induit par l'augmentation ou la diminution des liens quantiques entre les différentes parties de la molécule, comme lorsque vous vous recroquevillez en enserrant vos genoux avec vos bras.

Les biologistes ont montré que la configuration d'une protéine exerce une influence directe sur sa fonction biologique, jusqu'à la rendre inactive; par exemple sa capacité à fixer une autre molécule. Il en est de même pour la molécule d'ADN, dont le changement de configuration peut activer ou désactiver des gènes (voir L'ADN et ses modes d'expression).

Lorsque les changements de configuration sont réversibles, ce qui est généralement le cas, ils peuvent constituer le support d'une empreinte. Il suffit d'agir sur l'environnement de la molécule pour changer sa forme.

Mémoires du coeur

Des chercheurs de l'Institut de HeartMath (Californie, États-Unis), spécialisés dans les relations neurologiques entre le coeur et le cerveau, se sont demandé comment le coeur d'un foetus pouvait fonctionner dans l'utérus avant que le cerveau ne soit formé, ainsi que d'autres questions sur des théories admises qui ne cadraient pas avec les observations. Ils ont découvert l'existence d'un petit cerveau du coeur. C'est un groupe de 40'000 neurones (cellules du système nerveux), logées au coeur du coeur, qui ont la possibilité de fonctionner de façon indépendante du cerveau. Par l'intermédiaire d'hormones et d'autres substances neurochimiques, ce noyau peut apprendre, se souvenir, et même ressentir. On a bien peu parlé de cette découverte fondamentale, bien que sur le plan philosophique et spirituelle, les conséquences en soient révolutionnaires. Une méthode pratique en a été tirée, la cohérence cardiaque, popularisée par D. Servan-Schreiber.

Dans son ouvrage, The Thinking Heart (Le coeur qui pense), Paul Pearsall a rassemblé d'autres résultats scientifiques qui confortent l'idée que le coeur possède sa propre intelligence. L'une des preuves les plus remarquables provient de personnes qui ont subi une transplantation cardiaque. Elles n'ont pas seulement reçu la partie biologique du coeur, elles sentent également qu'elles ont reçu des traits de la personnalité du donneur, des savoir-faire et de vagues souvenirs émotionnels, comme si des aspects du donneur décédé revivaient en elles. Des enquêtes ont été menées et plusieurs cas de ce genre ont été rapportés (par exemple dans l'article médical: Changements de personnalités chez les transplantés cardiaques qui font écho à la personnalité du donneur [Journal of Near-Death Studies, vol. 20, no. 3, Spring 2002 - Traduction française: quand l'autre vit en soi. Travaux issus du Center for Frontier Medicine in Biofield Science, University of Arizona] - voir aussi le témoignage de Claire Sylvia dans son livre Mon coeur est un autre).

Il est clair que le coeur contient des mémoires cellulaires profondes indépendantes du cerveau. De nombreuses personnes qui sont familières de la méditation indiquent que c'est du coeur que leur proviennent des incitations sur leur vie spirituelle. Les mémoires cellulaires du coeur incluent également des codes de vie, vie biologique, vie émotionnelle, vie mentale.

Mémoires des corps subtils

Nous ne sommes pas constitués que de matière et de molécules, mais également d'électrons, de rayonnements électromagnétiques et de corps subtils (voir Chakras et corps subtils). Notre vitalité, nos émotions, nos pensées, sont mises en circulation et enregistrées dans nos corps subtils (corps de vitalité, émotionnel et mental). Nombreuses sont les personnes qui, surtout au moment d'un accident ou d'une opération chirurgicale, ont rapporté avoir eu conscience de sortir de leur corps physique et d'avoir voyagé dans la pièce ou dans le lieu, et qu'elles sont restées des observatrices tranquilles de la situation.

Aussi, si la conscience peut être située dans ces corps, il est tout à fait possible que des mémoires s'y trouvent également. Lorsque les énergéticiens effectuent des harmonisations sur ces corps, ils détectent, comme dans le corps physique, des rigidifications qui sont les traces d'évènements vécus. La plupart des enseignements spirituels énoncent que l'âme survit à la mort physique en tant que corps énergétique, et qu'elle conserve la mémoire, sinon des évènements, du moins des conclusions qu'elle en a tiré sur la vie. Lors de son incarnation suivante, elle ramène cette mémoire dans le quatrième corps, appelé corps spirituel.

Le corps récepteur

Les empreintes conservées dans notre (ou nos) corps sont produites par les impressions qu'il perçoit (impression signifie justement qui s'imprime). Les influences de la vie et des évènements lui parviennent sous la forme de rayonnements divers. Certains de ces rayonnements sont produits par notre entourage, d'autres par l'industrie technologique humaine et d'autres proviennent de l'univers.

Une partie d'entre eux sont perceptibles par nos organes des sens: lumière (naturelle ou artificielle), sons et paroles, parfums, chaleur, perceptions tactiles, perceptions de mouvement. Leurs énergies peuvent être ressenties comme bénéfiques et nourrissantes, ou agressives et destructrices, selon l'intensité et l'intention avec lesquelles elles sont transmises. Ainsi, un toucher doux est bénéfique, mais un coup de poing est destructeur. La lumière du soleil est agréable tant qu'elle ne brule pas. Nous apprécions les sons musicaux tant qu'ils ne sont pas assourdissants.

D'autres rayonnements, des ondes électromagnétiques autres que la lumière visible, ne sont pas perceptibles par nos sens, mais nos cellules les ressentent et réagissent. Certaines de ces ondes sont naturelles et proviennent de la terre et de l'univers. Leurs gammes de fréquences comprennent des ondes radio, micro-ondes, rayons X, rayons gammas (voir le panorama). Outre ces ondes naturelles, notre environnement terrestre est actuellement très encombré par des ondes émises par des dispositifs électroniques toujours plus nombreux tels que antennes-relais du réseau GSM, du réseau de téléphonie fixe, du réseau de radio et TV, satellites. Sans compter les téléphones portables eux-mêmes, les fours à micro-ondes, les dispositifs Wi-Fi et bluetooth, les postes de TV et, dans une moindre mesure, les circuits électriques de nos maisons. Les cellules de notre corps, qui fonctionnent comme de minuscules antennes électriques, sont très perturbées par cette pollution électrique (voir les sites web Robin des toits et Next-up).

Ce n'est pas parce que beaucoup des rayonnements électromagnétiques artificiels actuels sont polluants que artificiel est synonyme de nocif. Par nature et par fonction, l'homme est un créateur qui se réjouit de développer des nouveautés artisanales, artistiques et technologiques. Mais ses créations doivent respecter certaines lois pour être bénéfiques. Les créations qui ne respectent pas ces lois sont des monstres, des produits vides de sens qui laissent l'humain désemparé et en quête d'autre chose, sans qu'il sache quoi. D'autres créations sont en résonance avec notre nature profonde, notre Essence, et en conséquence, avec l'Univers. Elles peuvent être qualifiées de sacrées. Elles nous font du bien, nous nourrissent et nous permettent de nous épanouir.

Langages sacrés

Parmi les énergies que nous recevons quotidiennement, l'une des plus importantes est celle que nous émettons nous-mêmes par nos propres paroles. Une théorie controversée énonce qu'à l'origine il existait une seule langue, langue des dieux dite sacrée, que tout le monde comprenait. Et la légende ajoute que cette belle unité s'est disloquée avec la Tour de Babel. Il y a un lien net entre l'unité du langage et l'unité des coeurs due à l'écoute des autres et à l'amour. Inversement, des séparations conflictuelles entre groupes se traduisent par des séparations de langues.

La séparation extérieure qui divise les groupes et les langages est le reflet d'une séparation intérieure entre nous-même et notre Essence profonde. En employant de nombreux mots sans les relier à nos forces profondes, dans une superficialité presque mécanique, des mots qui critiquent, jugent, expriment la culpabilité, la lutte, la honte, la sous-estime de soi et des autres, nous n'entendons plus le langage de notre Essence (voir Puissance des mots). Inversement, lorsque nous nous efforçons d'utiliser un langage de respect, de solidarité, de non-jugement, de tolérance de bienveillance et d'amour, nous émettons des codes de reconnaissance de notre Essence et nous nous rapprochons d'elle. Le langage sacré est celui qui est totalement en résonance avec notre Essence.

Des codes sacrés pour l'épanouissement spirituel

Pour fonctionner et se développer, notre corps doit être nourri de rayonnements qui sont accordés à sa structure fine. Les codes sacrés sont des langages, des informations, des paroles, des sensations, des sentiments, des émotions, des énergies, des vibrations, etc. qui touchent notre Essence. Par leurs résonances, ils stimulent nos forces et nos structures endormies, équilibrent et régénèrent organes et glandes, pour nous amener à vivre pleinement ce que nous sommes.

L'art (sculpture, architecture, peinture, danse, musique, théâtre, poésie) est l'une de ces nourritures indispensables à notre équilibre, à condition qu'il soit conçu harmonieusement. Car, tout comme le langage parlé, il peut être relié ou non à notre Essence. L'art qu'on dit sacré parce qu'il est inspiré de valeurs religieuses, ne l'est par toujours au sens d'un accord avec l'Être intérieur, puisque la religion s'est détournée de ce but au profit d'un enseignement moral culpabilisant (voir Spiritualité). L'art contemporain est trop souvent l'expression d'émotions déséquilibrées, et d'esprits qui ont perdu leur connexion intérieure et se cherchent sincèrement, mais illusoirement. Par contre, certaines oeuvres d'art sont profondément inspirées par l'Essence intérieure, sans se situer dans le cadre d'une religion ou d'un système spirituel (voir aussi à ce sujet L'art objectif). On peut même affirmer que la reliance intérieure exige qu'on soit libéré de tout système de croyances.

Les sons sont des vecteurs de choix pour les codes sacrés. De tout temps, chez tous les peuples, des sages ont enseigné comment les utiliser pour éveiller notre connexion intérieure: écoles de sagesse chez les égyptiens, grecs, tibétains, chrétiens, juifs, soufis, hindous, bardes celtes, chamans en Afrique, Océanie, Amérique, Sibérie, etc. La pratique vocale sacrée, dont les effets sont puissants, a trop longtemps été négligée et il est temps de la redécouvrir (voir par exemple aoe-oae). Il en existe différents styles, pour tous les gouts: chants psalmodiés, mantras, chants mélodiques, chants de voyelles, chants diphoniques ou harmoniques, avec ou sans accompagnement d'instruments (voir aussi Résonances corporelles).

Les cristaux ont été utilisés pour la guérison par les amérindiens et d'autres peuples et le sont actuellement dans certaines thérapies alternatives. Comme le son, l'énergie particulière des pierres précieuses (justement) entre en résonance avec les structures profondes du corps et l'harmonise.

crop circle

La géométrie sacrée agit de la même manière et a été enseignée par les mêmes peuples. On la trouve abondamment dans les édifices religieux et les pratiques spirituelles, sous des formes graphique, sculpturale ou architecturale. Ce sont des figures complexes telles que mandalas asiatiques ou labyrinthes dans les églises occidentales. Ce sont aussi des figures fondamentales très simples, tels que la croix, le triangle, le pentagone, l'hexagone, l'heptagone ou la spirale (voir géométrie sacrée). On y trouve aussi des pictogrammes beaucoup plus élaborés.

En observant ces images, en se plaçant dans les constructions, ou en dansant les figures, le corps se laisse nourrir par ces codes. Une autre méthode est de se centrer et de visualiser mentalement ces figures. L'émotion esthétique qui en résulte, souvent suivie de modification de l'humeur et de l'état de conscience, est un signe révélateur de la force et de l'action de ces formes géométriques. La Terre elle-même est nourrie de nouveaux codes géométriques. Chaque année, son sol est imprimé d'incroyables diagrammes dans les champs, appelés aussi crop circles, dont on peut expérimenter l'effet, soit en contemplant les photos (voir un diaparama), soit en se rendant physiquement à l'intérieur (voir Diagrammes de champs).

Chacun se rend compte, en premier lieu les scientifiques qui l'observent et la mesurent, que la terre subit de grands changements (voir Catastrophes naturelles). Selon les enseignements aussi bien traditionnels que les plus récents, l'humanité s'éveille à un nouveau fonctionnement. Il se manifeste par l'activation progressive de nouveaux codes de l'ADN, qui jusqu'à maintenant sont restés latents, qui manifestent notre Essence plus directement et nous reconnectent à la Terre, aux étoiles, à l'univers, et révèlent de nouveaux potentiels (voir L'ADN éthérique). Nous pouvons grandement faciliter et accélérer ce processus si nous le convoquons. Par notre pensée, notre intention et notre enthousiasme, par les pratiques du son sacré, des cristaux et de la géométrie sacrée, par des visualisations d'images et de couleurs (voir aussi Méditation de la lumière), nous émettons des codes dans nos corps qui ouvrent le chemin des nouvelles fréquences.

Toc, toc, toc... Quelqu'un frappe à la porte de vos cellules. Détendez-vous, c'est un ami. C'est un rayon de codes sacrés. Je vous suggère vivement de l'inviter chez vous et de lui permettre d'entrer.

ANNEXES

Transfert d'information par ondes

Ondes électriques

Dans les lecteurs de CD, les codes binaires inscrits en relief sur les CD (voir plus haut) sont traduits en impulsions électriques, qui sont ensuite transformées en sons audibles. Un faisceau laser est projeté sur le CD, et réfléchi par les bosses et les plats de façon différente. L'intensité réfléchie est mesurée par un capteur de lumière, une cellule photoélectrique. Les impulsions électriques sont produites par ce capteur, qui est le véritable traducteur de l'empreinte binaire.

Notons que notre oeil joue exactement le même rôle de capteur de lumière et de transformateur. La rétine transforme la lumière en impulsions électriques. Ensuite, elles sont transmises jusqu'au cerveau par les neurones, les cellules du système nerveux. De la même façon, les impulsions électriques produites par le capteur du lecteur de CD sont véhiculées à travers les fils électriques jusque dans les haut-parleurs où elles sont transformées en sons. En réalité, elles subissent d'abord une transformation en courant électrique analogique, c'est-à-dire en courants d'intensité variable. Les fortes intensités de courant produisent des sons forts et les faibles intensités produisent des sons faibles.

A l'intérieur des ordinateurs, les codes du disque dur sont lus par une bobine magnétique (voir plus haut) et convertis en impulsions électriques. Puis celles-ci sont traitées par le logiciel utilisé, et transformées en pixels sur l'écran. De façon analogue pour le clavier, si nous tapons une lettre, elle est transformée en impulsions électriques selon un code binaire (voir annexe Codage numérique des caractères), puis affichée sur l'écran. On retrouve ce même processus de transport des codes par des fils électriques dans les téléphones "fixes" et les connexions internet. Ces lignes téléphoniques et Internet traversent mers et continents.

Comment un courant électrique peut-il véhiculer des codes? Il est fait d'électrons extrêmement mobiles, tels une mer présente dans le fil de cuivre, que l'on peut mettre en mouvement en provoquant des vagues. Un courant est donc la propagation de ces vagues d'électrons. En l'absence d'impulsion, on a un courant régulier, "plat", qui est le courant porteur. Les impulsions codées le déforment et le modulent. Le courant électrique a la propriété essentielle de transporter ces modulations d'une extrémité du fil à l'autre.

Supports mobiles

Lorsque un signal est déposé sur un support fluide et mobile, tel que l'eau ou la mer d'électrons d'un fil, il ne reste pas sur place à la façon d'une empreinte, mais se propage d'un endroit à un autre. Par exemple, choisissons la surface d'eau calme d'un canal. A une extrémité du canal, plongeons la main très doucement afin de ne pas perturber cette eau, puis effectuons quelques battements lents de la main. Cela produit plusieurs vaguelettes qui se déplacent jusqu'à l'autre extrémité. Nous avons produit une onde. Une onde se produit sur un support mobile.

Nous pouvons nous amuser à produire ces vaguelettes selon un rythme voulu: 3 vaguelettes successives suivies d'un calme plat. Le signal est constitué d'une modification locale de la géométrie de l'eau et cette modification se propage et peut être transmise. Si quelqu'un se trouve à l'autre extrémité du canal, il perçoit le signal.

La transmission d'un signal requiert donc 3 éléments: 1- l'émetteur, celui qui produit et code le signal sur l'onde; 2- le transport par l'onde; 3- le récepteur ou capteur qui perçoit et décode le signal.

Ondes électromagnétiques

Les sons des radios, les sons et les images des téléviseurs et des téléphones mobiles n'utilisent pas de fils, pas plus que les télécommandes de vos chaines HiFi ou téléviseurs. Les signaux sont codés et transportés par des ondes électromagnétiques. De façon analogue à l'eau et au courant électrique, il existe un support calme, c'est l'onde porteuse pure (partie gauche de la figure). Le signal est imprimé comme une déformation ou modulation contrôlée de cette ligne de base (partie de droite).

Ainsi, quand le présentateur, dans son studio de radio, parle dans son micro, le micro transforme le son en signaux électriques. Puis ces signaux sont imprimés à l'onde porteuse qui est émise par l'antenne.

Ces ondes sont invisibles, elles ne manifestent pas leur présence. Il faut une cible, un capteur, pour les détecter. Sans l'antenne de votre poste TV, qui les intercepte et les dirige vers le démodulateur et l'écran, vous ne pourriez pas vous rendre compte que de telles ondes circulent autour de vous.

Pour afficher le panorama des ondes électromagnétiques et de leurs fréquences, cliquez ici: vignette

Même la lumière, qui est aussi une onde électromagnétique, est invisible. Pour vous rendre compte qu'un faisceau de lumière est émis, vous devez placer un écran, une feuille de papier par exemple, pour qu'il soit révélé. Lorsque vous percevez la lumière sans écran, c'est parce que la rétine la reçoit directement et sert d'écran, ce qui provoque une réaction chimique et électrique. Vous la percevez aussi quand un projecteur braque son faisceau dans l'air et qu'il traverse l'espace devant vous, car ce sont en réalité des petits corpuscules, les poussières de l'air, qui servent d'écrans diffusant et vous renvoient leur lumière. Retenons que les ondes électromagnétiques ne se manifestent que lorsqu'elles interagissent avec la matière.

Codes secrets

Un système de codes est un langage qui est commun à une communauté ou un groupe, mais les personnes extérieures au groupe ont la possibilité de l'apprendre si elles le désirent. Or certains groupes demandent que leurs messages ne soient pas compris des autres. Développés principalement pour des usages militaires, politiques et économiques, les codes secrets permettent d'envoyer des messages à des collaborateurs sans qu'ils tombent à la connaissance de l'"ennemi". Si le message est intercepté, il reste indéchiffrable par qui n'en a pas le code. Actuellement, les utilisateurs de codes secrets sont surtout des acteurs du monde économique, des informaticiens, des banques (pour transmettre des mots de passe de carte bancaire), des compagnies de télécommunications et toutes les entreprises qui tiennent à assurer un minimum de confidentialité à leurs données.

Les messages qu'on veut coder sont au départ écrits dans notre langage parlé, donc avec des mots, des lettres ou des chiffres. Le procédé consiste à remplacer chaque caractère par un autre, selon un règle définie que l'on appelle la clé de déchiffrage. Si l'on ne possède pas cette clé, il est impossible de déchiffrer le message et normalement, seuls les destinataires potentiels du message la détiennent.

Le codage le plus simple est celui qui consiste à remplacer une lettre par une autre lettre qu'on détermine par un décalage déterminé, par exemple, selon cette correspondance:

a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z
d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z a b c

Un autre codage est de remplacer les lettres par des chiffres. C'est donc un codage numérique.

a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z
01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26

Bien entendu, cet exemple de chiffrage est d'une grande évidence et n'a rien de secret, mais l'avantage de chiffrer les lettres est que l'on peut ensuite remplacer ces nombres par une nouvelle valeur calculée selon une formule donnée. Pour éviter la possibilité que des concurrents ou malfaiteurs reconstituent les clés, le chiffrage est rendu plus difficile en utilisant des formules très élaborées, mélangeant des logarithmes, des sinus, des très grands nombres, etc.


Codage numérique

Les ordinateurs, les machines électroniques telles que la télévision, fonctionnent essentiellement avec des codes numériques. Numérique signifie que ces codes sont faits de chiffres, et plus précisément, de deux chiffres, le 0 et le 1, un système de numération appelé pour cela binaire (voir ci-dessus le système binaire). En voici 3 exemples.

Codage numérique des sons

Onde sonoreUn son est capté par l'oreille ou par un micro comme une variation vibratoire de la pression de l'air. Le micro et son électronique associée la transforment en un courant électrique. Les variations d'intensité du son sont rendues proportionnellement par les variations d'intensité du courant (figure ci-contre, voir Nature et perception des sons).

Le courant continu est ensuite traduit en une suite de nombres binaires. Le processus de traduction comporte 3 étapes. D'abord, on découpe la courbe d'intensité du courant en segments de temps en relevant sa valeur à des intervalles de temps réguliers. Si on le faisait toutes les secondes, l'oreille entendrait cette discontinuité. Pour qu'elle ne se rende pas compte du découpage, il faut que la fréquence de mesure (appelée fréquence d'échantillonnage) soit très élevée. En pratique, pour une qualité CD, on la choisit de 44100 relevés par seconde (44110 Hertz).

On a donc maintenant une collection de valeurs d'intensité. La deuxième étape consiste à choisir une précision donnée pour ces valeurs, en arrondissant à une certaine unité d'intensité électrique, disons au 100e ou au 1000e de milliampère, afin que toutes les valeurs comportent le même nombre de chiffres. Enfin ces valeurs sont converties en code binaire.

Codage numérique des couleurs

Un dessin, une image sont constitués de différentes couleurs déposées sur une surface. Comment la transformer en une suite de nombres? Tout comme pour les sons, cette transformation comporte 3 étapes. L'image est d'abord segmentée en minuscules carrés (ou autre forme géométrique telle que losange) que l'on nomme des pixels. Ce processus est analogue à la segmentation du son, avec la différence qu'elle a lieu dans l'espace pour la couleur et dans le temps pour le son. Afin que l'oeil ne se rende pas compte de la segmentation, les carrés doivent être suffisamment petits pour être indiscernables. Le nombre de carrés par cm ou pouce s'appelle la résolution.

Prenons d'abord le cas d'une image en noir et blanc. Chaque carré de l'image se caractérise par son niveau de luminosité, plus ou moins clair ou sombre, du noir au blanc. La deuxième étape consiste à remplacer cette plage continue de luminosité par un découpage en niveaux équidistants. Plus ce découpage est fin, plus on pourra rendre compte des nuances de gris. On retient, pour les applications courantes, 256 niveaux, de 0 (noir) à 255 (blanc).

Pour représenter une couleur par un nombre, on utilise une propriété remarquable: toute couleur peut être obtenue en superposant une certaine quantité (ou luminosité) de 3 couleurs fondamentales, le rouge, le vert et le bleu (RVB). Aussi, son code numérique est-il fait de 3 nombres, les niveaux de luminosité de ces trois couleurs fondamentales. Ces 3 valeurs peuvent être combinées en une seule formule, et désignées par un seul nombre en système hexadécimal, qui est traduit en binaire.

En définitive, un pixel de couleur est défini par les 3 valeurs de luminosité des couleurs fondamentales, ainsi que par son emplacement, lui-même défini par ses deux coordonnées. (Pour plus de détails sur tous ces aspects, voir Nature et perception de la couleur).

Codage numérique des caractères

Le codage numérique des caractères consiste à remplacer les lettres et autres caractères d'écriture par des chiffres. On convertit d'abord les caractères dans le système décimal, selon une correspondance comparable à celle du tableau précédent des codes secrets. Ces chiffres sont ensuite convertis dans le système binaire, le seul compréhensible par le coeur de l'ordinateur.

Il existe de nombreux codes de conversion numérique des caractères en informatique, tels que les codes ASCII, UNICODE, UTF8, HTML. Le tableau ci-dessous rapporte quelques exemples. La colonne de droite en rouge nomme le caractère, tandis que la colonne de gauche donne le nombre de deux chiffres qui lui est attribué. Ainsi A porte le numéro 65. Notons que A majuscule et a minuscule ont chacun un code distinct. Puis ce numéro est écrit dans le système hexadécimal (voir plus haut les systèmes hexadécimal et binaire), donc le 65 décimal qui représente A s'écrit 41 (soit 4x16 +1) (colonne Hx du tableau).

Tableau des correspondances des codes de caractères. Les 31 premiers caractères sont des caractères de contrôle. Source: http://www.asciitable.com/

L'ordinateur convertit ensuite le code hexadécimal en binaire, ce qui, à cause de la relation étroite des deux systèmes (10000 en binaire, c'est 10 en hexadécimal), peut être réalisé avec chacun des deux chiffres séparément. Puisqu'on a répertorié seulement 127 caractères et que 127 s'écrit 7F en hexadécimal, aucun des nombres ne dépasse deux bits (deux chiffres), et le bit de gauche ne dépasse pas 7. En binaire, on a donc besoin de 3 bits pour la partie gauche (indiquée MSB) et 4 pour la partie droite ou LSB qui va jusqu'à F (15 en décimal), au total 7 bits comme le montre le tableau ci-dessous (voir code numérique). Note: un huitième bit de contrôle a été ajouté par la suite.

Exemple du A: 65 en décimal, 41 en hexadécimal, 1000001 en binaire


MSB LSB
hexadécimal 4 1
ASCII 1 0 0 0 0 0 1

Les codes-barres pour l'identification de produits

Presque tous les produits du commerce sont identifiés par un numéro, au moyen duquel ils sont enregistrés dans des registres informatisés. Si vous commandez un produit sur catalogue, on vous indiquera probablement la référence que vous devez reporter sur le bon de commande, c'est-à-dire son code chiffré. Ce numéro l'identifie et représente donc son nom. Notez que dans ce système, tous les produits fabriqués en série sont identiques (exemple: toutes les chemises beiges de taille 40) et identifiés par le même numéro.

Il existe plusieurs systèmes d'identifications numériques des produits. Certains fournisseurs ont adopté leurs propres codes internes. Mais il existe des codes nationaux et internationaux, tels les codes-barres qui ont été développés pour suivre un produit dans toutes les chaines de fabrication, de transport, de distribution et de vente. L'UPC (Universal Product Code) est le système américain et canadien. L'EAN (European Article Number) est le code de tous les pays de l'Union Européenne. Il est compatible avec l'UPC.

Il existe également un système plus récent qui se développe parallèlement à l'usage des puces RFID d'identification par radio. Le système RFID utilise un code nommé EPC (electronic product code ou code électronique des produits) qui a la capacité d'attribuer un numéro unique à chacun des objets du monde (voir en anglais le site SPYCHIP). L'EPC a pour ambition de remplacer les code-barres UPC et EAN et d'être appliqué, non seulement aux objets, mais aussi aux animaux d'un troupeau, et aux humains. C'est déjà en application dans certains groupes et certaines sociétés, ce qui suscite beaucoup d'inquiétudes pour le respect de la liberté de chacun (voir les communiqués de la Ligue des Droits de l'Homme, les textes de Futura-Science, de spécialistes, et de certains groupes de citoyens).

Les codes numériques ont la capacité de pouvoir être enregistrés et reconnus par les caisses de paiement des commerces et les ordinateurs qui identifient le produit qui est l'objet de la transaction.

Exemple de code-barre

Le code en chiffres décimaux

Pour comprendre le principe d'un code d'identification de produit, prenons l'exemple très répandu en Europe du code-barre EAN13. Les numéros apparaissent sous forme d'une série de 13 chiffres, mais ces chiffres peuvent également être représentés graphiquement par une suite de barres noires et blanches, d'où son nom de code-barre.

Représentation du 5 en code-barre

Représentations du chiffre 5 en 4 barres
ou 7 chiffres 0 et 1

Soit un produit vendu sous le numéro de code 3 596207 331278. Ces chiffres figurent en-dessous des barres du code. Le premier chiffre (3) indique la façon dont sont codés les 6 chiffres suivants. Ce chiffre, réuni aux 2 suivants (359), code le pays de codification, ce qui ne veut pas dire que le produit est fabriqué ou distribué dans ce pays. Ainsi à la France sont attribués les numéros 300 à 379. Exception: le code 978 est international et représente les livres codifiés ISBN. Les 4 chiffres suivants représentent le fabricant (6207). Vient une marque de séparation plus longue. Les cinq chiffres suivants (33127) sont la référence de l’article fixée par le fabricant. Enfin, le dernier (8) est un chiffre de contrôle.

Les chiffres décimaux en barres

Chaque chiffre du code-barre est représenté par 4 barres accolées, alternativement une blanche et une noire, dont la largeur est règlementée. On définit une largeur unité et chacune des barres a une largeur de 1 à 4 unités, avec la contrainte que la largeur totale des 4 barres est toujours de 7. Autrement dit chacun des chiffres est représentés par 4 barres qui s'étendent en largeur sur 7 unités. Par exemple, le chiffre 5 est représenté par les barres de largeur 1+2+3+1 (voir figure).

En réalité, c'est un peu plus compliqué parce qu'il y a 3 jeux différents de correspondance, notés A, B et C, donc 3 façons de représenter le 5 ou les autres chiffres par 4 barres. Les jeux A et B sont utilisés dans la partie gauche selon une disposition codifiée elle-même par le premier chiffre. Le jeu C est utilisé dans la partie droite. Le 5 de la figure est représenté dans le jeu A.

Les barres en chiffres binaires

Enfin, les barres noires et blanches de largeur unité sont juste une façon d'exprimer deux états opposés, facilement lisible par un lecteur à laser. C'est oui ou non. C'est un système binaire. On peut tout aussi bien écrire 1 pour les unités noires et 0 pour les unités blanches. Comme les chiffres décimaux 1 à 9 sont représentés chacun par 7 unités de barres, on peut les écrire avec 7 chiffres 0 ou 1. Ainsi le 5 devient, dans cette écriture binaire 0110001.

En savoir plus

Si cet article a éveillé votre curiosité et que vous voulez en savoir encore plus, vous pouvez consulter les documents suivants:

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Texte conforme à la nouvelle orthographe française (1990)

25 janvier 2009